Dramma giocoso en deux actes
Musique de Wolfgang Amadeus Mozart
Livret de Lorenzo da Ponte d’après Giovanni Bertati

Direction musicale : Arie van Beek
Etudes musicales : Teresa Berganza
Mise en scène : Pierre Thirion-Vallet
Décor : Frank Aracil
Costumes : Véronique Henriot et l’Atelier du CLCA
Lumières : Charles Osmond
Surtitrage : David M. Dufort
Maquillages et coiffures : Agnès Bayard-Massot
Chef de chant : Philippe Marty
Clavecin : Lorenzo Feder
Don Giovanni : Boris Grappe
Leporello : Sébastien Lemoine
Donna Anna : Tatiana Trenogina
Donna Elvira : Natacha Figaro
Don Ottavio : Julien Dran
Zerlina : Magali Paliès
Masetto / Le Commandeur : Renaud Delaigue

Ensemble vocal du Centre lyrique

Orchestre d’Auvergne

Clermont-Ferrand, Maison de la Culture
Vendredi 2 et dimanche 4 mars 2012

 


Intention de mise en scène

Précédé des accords prémonitoires de la mort, Don Juan surgit au beau milieu d’une scène d’agression et de meurtre. L’opéra s’ouvre comme un roman policier, se poursuit par la recherche du criminel – lui-même animé d’une terrible frénésie de séduction et de défi –, ponctuée par un spectaculaire dénouement incarné par la statue du Commandeur. Avec Mozart et Da Ponte, rien n’est jamais ordinaire : ce deuxième ouvrage de leur trilogie commune est un chef-d’œuvre éclatant où l’esprit « bouffe » le dispute à la tragédie. Ici, pas le temps de s’installer ni de penser, tout est déjà en mouvement vers la chute du héros, lâche meurtrier d’un vieillard, sans qu’on ne puisse, ni n’ait le temps de lui en vouloir, atrocement puni sans qu’on sache s’il faut le regretter ou l’approuver… Ici, à peine rie-t-on que la farce devient cruelle, l’émotion sans cesse refroidie par l’ironie. Les êtres, l’action, la pensée, tout est pris dans une terrible impatience, et les scènes ne sont que les respirations haletantes de cette course où chacun tente de perdre son destin ou de le rattraper. Le chœur des victimes, Donna Anna en tête, essaie bien de ralentir le mouvement, de figer le temps dans leurs arias et leur douleur, de temporiser comme Ottavio, ou de quitter la pièce comme Leporello, mais leurs résistances à l’ivresse qu’imprime son héros ne font qu’amplifier l’impression d’avalanche. Et comme le dit Leporello au bal, Ici commence le désastre… en réponse aux Viva la libertà ! de notre héros…Don Juan reste mutique, au centre du drame, héros aux arias d’une brièveté assumée. Il n’existe que par l’action et le choc qu’il provoque sur le chœur/cœur de ses victimes. C’est une force, une manière d’aller dans l’existence avec une désinvolture rieuse qui essaie de prendre de vitesse les ténèbres environnantes, avant qu’elles ne se referment inexorablement sur lui. Don Giovanni ou l’appel scandaleux à fuir le sérieux de l’existence pour simplement tenter de vivre.

Comment dès lors symboliser par le décor et les costumes cet éloge de la fuite ?

Par la mobilité des éléments de décor (deux murs, une immense table) propice aux mouvements et au libertinage, convergeant vers un espace central en forme de cadran d’horloge (le temps qui passe inexorablement et que Don Juan se complaira à arrêter voire reculer – suprême illusion…), avec une trappe à l’avant-scène d’où apparaîtra notre héros mais où il chutera comme le Commandeur d’ailleurs.
Par la présence dès l’ouverture de la Croix, symbole d’une religion omniprésente, du poids de celle-ci sur les consciences. Don Juan soupera sur elle dans un dernier mouvement de défi, ultime rébellion mais celle-ci se soulèvera, provoquant la chute du héros scandaleux.
Par des costumes inspirés du début du XIXe siècle, au plus près des corps, faisant rayonner la sensualité de femmes en quête (et objets) de désir, et l’animalité des hommes. La tonalité principale sera le rouge, tous les rouges – la couleur de la passion mais aussi du sang…La transparence et la légèreté sera aussi de mise pour les costumes féminins : corps offerts à la passion d’un Don Juan en perpétuelle quête.
Par un jeu de lumières venant des coulisses, créant ainsi du relief, sculptant les personnages de façon crue et projetant des ombres démesurées sur le décor.

 


La presse

 


Photos


Photos de Ludovic Combe